Les conseillers de l’homme d’affaires Victor Vekselberg, actionnaire de Rusal et partenaire de Glencore, tentent de lui éviter une condamnation en Suisse.

La justice financière suisse a achevé son enquête sur Victor Vekselberg, et pourrait condamner l’oligarque à trois ans de prison ou à un milliards $ d’amende pour manipulation de cours. Au début de l’année, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers suisse (Finma) avait compilé un rapport de 94 pages indiquant que Vekselberg et ses partenaires autrichiens Ronny Pecik et Josef Stumpf étaient montés au capital du groupe suisse Sulzer AG entre novembre 2006 et avril 2007 en cachant leurs intentions par des jeux d’options et en ne respectant pas les obligations de déclaration. Ils ont bénéficié de l’aide de la Banque cantonale de Zurich. Au printemps, la division criminelle du département fédéral des finances (DFF) s’est associée à l’enquête, qui a également bénéfi cié de la coopération des autorités autrichiennes (l’entrée au capital de Sulzer AG s’est faite par le biais de sociétés autrichiennes). Une enquête administrative a été lancée en avril. Toutes ces investigations sont désormais achevées, et le DFF doit annoncer les résultats d’un moment à l’autre. Le lobbyiste de Vekselberg en Suisse, l’ex-diplomate helvétique Thomas Borer-Fielding, s’efforce de retarder cette annonce. Selon lui, l’enquête contre Vekselberg a été inspirée par des rivaux de son client parmi les actionnaires de Sulzer. Ambassadeur de Suisse en Allemagne de 1997 à 2002, Borer-Fielding a également présidé la Task Force chargée de négocier un accord international sur les avoirs en déshérence des victimes du nazisme entreposés dans les banques suisses. Il s’est reconverti dans le conseil stratégique en 2002, et son cabinet Bromwell & Son LLP, établi à Zurich, dispose d’antennes à Londres et Munich. Via sa holding Renova, Vekselberg est actionnaire d’United Company Rusal aux côtés du groupe de trading suisse Glencore et de l’oligarque Oleg Deripaska. Il est également président du conseil d’administration du producteur d’aluminium qui tente de négocier un moratoire avec ses créanciers. S’il est condamné par la justice suisse, Vekselberg pourrait être forcé de renoncer à ses mandats d’administrateur.

intelligenceonline.com [N°600 - Du 3 au 16 septembre 2009]

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